Une fois par mois, le Ciné 104 à Pantin promet un Écran libre. Soit un écran ramené à sa surface : matière et lieu de travail. Travail des rapports, matière à ruptures. Une surface irréductible à ce qui vient s’y projeter, où rien n’est à attendre de ce qui passe, mais tout de ce qui, parfois, s’y passe, advient, se dégage, se libère. Un lieu de présentation mieux qu’un lieu de représentation. Écran comme matière à opacifier, à éclairer, à noircir, à animer, à sonoriser. Lieu du possible. Voilà la promesse.
Comment, par des films, être à la hauteur de cette liberté promise à l’écran ? Comment porter plus loin une promesse ? Quels films projeter qui laissent entendre, laissent distinguer le possible ?
La réponse du Dojo cinéma c’est : l’annonce. Annonces filmées, des films annonces, des bandes-annonces. Des films pour annoncer le présent d’un écran, d’un film, d’un public. Des films pour annoncer les films à venir sur l’Écran libre. Sur les autres écrans du Ciné 104, en ouverture des séances ordinaires, faire entendre et voir par des bandes-annonces qu’il existe d’autres films et un autre écran, libres.
Faire des bandes-annonces c’est-à-dire faire un travail cinématographique. Faire des images et des sons à partir d’autres images et d’autres sons – toujours faire du cinéma. Considérer que ce qui présente le mieux un film, c’est un autre film. Ces bandes-annonces, ainsi, comme une invitation à ceux qui font des films à en faire encore, mais autres, pour penser avec des coupes, des séquences, des mots, leur pratique.
Des films pour annoncer - par la bande - qu’un écran, qu’une voie est : libre.
Dojo cinéma, novembre 2006